Avec le concours du conseil régional, Snecma Propulsion Solide veut impliquer une dizaine dePME aquitaines dans la conception et le développement de pièces en composites pour lesmoteurs d’avions.
L’entreprise girondine Snecma Propulsion Solide (SPS) a donné avec le Conseil régional d’Aquitaine le coup d’envoi d’une action collective visant à mobiliser des PME sur un programme de conception de fabrication de pièces de moteurs
d’avions enmatériaux composites.
Une dizaine d’entreprises seront choisies d’ici à la fin
de l’année pour faire partie de ce projet qui pourrait, en cas de succès, se concrétiser par une participation à l’éventuel futur moteur « Leap 56 », susceptible d’équiper à terme les remplaçants des Airbus A320 et des Boeing 737.
SPS, filiale du groupe Safran, emploie environ 1.200 salariés au
Haillan.L’entreprise est spécialisée depuis sa création dans la
motorisation des missiles balistiques et des fusées spatiales
(boosters d’Ariane V). Elle a développé de ce fait un important
savoir-faire dans le domaine des composites thermostructuraux, susceptibles de résister à de
fortes températures.
Souffrant d’une relative baisse de ses marchés traditionnels, SPS a entamé depuis le début de la décennie une diversification vers l’aéronautique, en liaison avec la Snecma, qui fait partie du même groupe. L’entreprise s’efforce d’adapter aux moteurs aéronautiques ses technologies qui peuvent permettre de réduire le poids en vol et la consommation.
Dans le domaine civil, SPS a été lauréat en 2007 de l’appel à projets lancé par le gouvernement sur les composites. Il bénéficie donc, en intégrant l’abondement du conseil régional, de quelque 18,9millions d’euros pour lancer un programme de recherche visant à substituer le composite céramique aumétal pour la fabrication de « cônes d’éjection » situés à l’arrière des réacteurs. SPS espère également des dotations gouvernementales au titre du projet Rebecca, qui concerne les tuyères.
SPS, qui avait jadis tendance à très peu externaliser ses fabrications, veut, pour entre autres des raisons decoût, associer unmaximum de PME à la conception et peut-être plus tard à la réalisation de ces cônes d’éjection.
Grâce à son apport et à celui du Conseil régional d’Aquitaine, les entreprises retenues dans la première phase de l’opération (recherche-technologie) n’auront pas à investir dans la mise au
point de nouveaux moyens, SPS gardant, en revanche, la propriété des procédés qui pourraient être développés dans ce
cadre. Dans cette première phase, mais aussi dans l’étape
éventuelle de réalisation, l’entreprise a l’intention d’externaliser l’essentiel du processus, du tissage des fibres à l’imprégnation en passant par l’usinage et l’assemblage.
La première étape de ce programme devrait en principe
s’étaler jusqu’à 2011, avant l’industrialisation, puis la production en série espérée à partir de 2014.
BERNARD BROUSTET |